Bindbridge, basée à Cambridge, a obtenu 3,8 millions de dollars de financement en phase initiale de la part de Speedinvest et Nucleus Capital afin d’accélérer le développement de technologies de protection des cultures de nouvelle génération.
L’entreprise développe une plateforme alimentée par l’intelligence artificielle conçue pour créer des produits agrochimiques plus précis et plus sûrs — améliorant la résilience des cultures tout en réduisant le temps, les coûts et la complexité de la recherche et développement traditionnelle.
Un secteur sous pression
La protection des cultures est confrontée à des défis croissants. Les produits agrochimiques conventionnels sont de plus en plus limités par :
- La persistance environnementale
- Les préoccupations liées à la santé humaine
- La résistance croissante aux herbicides
Parallèlement, la demande mondiale en alimentation continue d’augmenter. L’ONU estime que les ravageurs des plantes détruisent environ 40 % des cultures mondiales chaque année, tandis que les maladies des plantes coûtent à l’économie mondiale plus de 220 milliards de dollars par an.
Dans le même temps, les régulateurs et les marchés poussent l’industrie agrochimique vers des solutions plus durables et davantage fondées sur la biologie.
La plateforme BRIDGE : des « colles moléculaires » conçues par l’IA
Mettre sur le marché un nouvel ingrédient actif peut prendre plus d’une décennie, malgré d’importants investissements annuels en recherche et développement. Bindbridge cherche à transformer ce processus.
Sa plateforme propriétaire BRIDGE utilise l’IA pour concevoir des « colles moléculaires » — de petites molécules capables de se lier sélectivement à des protéines spécifiques présentes dans les mauvaises herbes ou les ravageurs et de provoquer leur dégradation. Cette approche exploite les systèmes intracellulaires naturels de contrôle des protéines des plantes afin de permettre une dégradation ciblée des protéines.
En appliquant l’IA à la découverte moléculaire, Bindbridge cherche à :
- Raccourcir les délais de développement
- Réduire les coûts de R&D
- Augmenter la précision et la sécurité
- Améliorer l’efficacité des herbicides, insecticides et fongicides
Au-delà de la protection des cultures, la plateforme pourrait également permettre le développement de caractéristiques végétales applicables par pulvérisation, telles qu’une meilleure efficacité d’utilisation des nutriments, une tolérance accrue à la chaleur et la séquestration du carbone.
Vision du fondateur
Le PDG et cofondateur George Crane souligne l’urgence de l’innovation :
« L’industrie agricole fait face à d’importantes pressions en matière de performance et de durabilité, ce qui stimule la demande de solutions plus efficaces. Pourtant, il n’existe pas de méthode systématique ni abordable pour découvrir des colles moléculaires à grande échelle. Nous changeons cela en utilisant l’IA pour concevoir rapidement et avec précision de nouvelles molécules capables de transformer l’avenir de l’agriculture. »
Bindbridge a été fondée en mars 2025 par les chercheurs de l’Université de Cambridge George Crane, Alex Campbell et Simeon Spasov.
Prochaines étapes
Au cours de l’année à venir, Bindbridge prévoit de :
- Collaborer avec des entreprises agrochimiques sur des projets de dégradation ciblée des protéines
- Commencer les tests en laboratoire de ses premières colles moléculaires agricoles
- Étendre les capacités de sa plateforme d’intelligence artificielle
- Développer son équipe et son infrastructure opérationnelle
Avec ce nouveau financement, Bindbridge se positionne à l’intersection de l’intelligence artificielle, de la biologie moléculaire et de l’agriculture durable — avec l’objectif de moderniser la manière dont les produits de protection des cultures sont découverts et développés.
